Une prise en charge en ambulatoire de haute expertise dans un cadre sécurisant

Comment s'organise la prise en charge en hôpital de jour (HDJ) ?
« Tous les médecins du service peuvent y intervenir dans la mesure où à chaque passage en HDJ, le patient est vu par un médecin. Chaque patient a son médecin référent vu régulièrement au cours des consultations de surveillance ; c'est avec lui que vont se décider les options de traitement. En HDJ, le patient est amené à rencontrer d'autres médecins, chargés en l'occurrence de la surveillance du traitement et du suivi d'éventuels évènements indésirables et/ou complications. Cette organisation permet au patient de bénéficier ainsi de l'expertise de plusieurs médecins au travers de regards neufs. D'autres spécialistes peuvent intervenir au cas par cas selon les demandes.

En HDJ, nous prenons en charge les patients pour des bilans, la réalisation de gestes techniques et pour l'administration des traitements.
C'est également l'occasion d'accompagner les malades dans une démarche globale. En ce sens, ils peuvent rencontrer les différents membres de l'équipe des soins de support – médecin douleur, infirmière de coordination, assistante sociale, diététicienne, psychologue ou socio-esthéticienne – selon leurs besoins, souvent préalablement identifiés par les infirmières. Quant aux proches, ils sont les bienvenus. Il y a toujours une place pour un accompagnant auquel nous demandons néanmoins de sortir le temps du soin.

A Saint-Antoine, nous sommes très attachés à la prise en charge en ambulatoire afin d'éviter toute hospitalisation au patient. Pour cela, nous avons su développer une expertise mais aussi innover avec la mise en place du premier « Pôle anticancéreux oraux ». En pratique, comment cela se passe-t-il ?
« De façon générale, en HDJ, la qualité des soins est assurée grâce à des protocoles bien établis et à un fort niveau d'expertise des équipes. Cela s'accompagne d'une approche personnalisée. Ces deux aspects se retrouvent au Pôle anticancéreux oraux. Prescrire un traitement anti-cancéreux oral – qui se prend donc à domicile - peut s'avérer stressant tant pour les équipes que pour le patient. Celui-ci n'ose pas forcément déranger le médecin s'il présente un trouble et le médecin craint, quant à lui, de ne pas être joignable au moment où le patient en a besoin. Le pôle offre un cadre sécurisant. Avec chaque patient concerné, une infirmière formée prend des rendez-vous téléphoniques réguliers afin d'évaluer l'état du patient et de repérer la survenue d'éventuels effets indésirables. Cette évaluation est protocolisée, chaque traitement faisant l'objet d'un questionnaire particulier. En parallèle de ces rendez-vous fixes, le malade dispose d'un numéro de téléphone dédié, grâce auquel il peut joindre directement une infirmière du service. Celle-ci évalue la gravité des symptômes présentés. S'ils sont de faible intensité, elle gère elle-même la prise en charge grâce à la délégation de l'activité médicale aux infirmières, un protocole validé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Si le motif d'appel du patient est jugé plus grave, un médecin du service est joint.

Dans tous les cas, nous rappelons au patient l'importance du rôle de son médecin traitant, qui a aussi une mission de proximité. Il peut se déplacer au domicile pour évaluer l'état des choses. Nous envoyons systématiquement par courrier au médecin traitant et aux médecins extérieurs au service le compte rendu de consultation que le médecin référent a remis au patient à la fin de chaque consultation. Il est réellement un interlocuteur à privilégier tant pour l'équipe hospitalière que pour le malade. »

Dr Isabelle Trouilloud, Onco-gastro-entérologue et Responsable de l'Hôpital de Jour (rez-de-chaussée)